Aidda

Exposition Homogeneus Paris Tunis février-mai 2019

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Quelques repères historiques sur la thématique

De la fin du XVIIIe siècle au début du XXe siècle, les hommes homosexuels, malgré la stigmatisation, ont des rôles sociaux en Tunisie comme dans le reste du monde arabo-musulman : ils servent d’intermédiaire entre les mondes masculins et féminins dans les fêtes de mariage, sont invités chez les hommes en présence de leurs épouses, et sont admis dans les espaces privés féminins et font partie du monde de la musique, du chant et de la danse. Le 22 décembre 1993, la cour d’appel de Tunis rejette la requête d’une transgenre pour changer son statut civil d’homme à femme ; le jugement déclare que son changement de sexe est une « opération volontaire et artificielle » qui ne peut justifier un changement de statut. En janvier 2002, le gouvernement tunisien s’oppose au statut consultatif de l’ILGA aux Nations unies et, en février 2004, le président de l’époque, Zine el-Abidine Ben Ali, assiste à une conférence de presse au cours de laquelle le président George W. Bush condamne les mariages homosexuels organisés à San FranciscoLes militants LGBT (lesbiens, gays, bisexuels, transgenres) sont sortis de l’ombre en Tunisie depuis la révolution de 2011 mais leur condition reste très précaire, du fait d’un rejet social violent et d’une législation hostile.La situation après la révolution de 2011 s’améliore mais elle se complique aussi avec des actions de répression des homosexuels, poussant certains à l’exil et à l’immigration pour études avec l’apparition de la demande d’asile ou d’autres solutions individuelles (mariages, Pacs…) qui deviennent une réalité pour de nombreux jeunes.À la suite de la révolution, un webzine, Gayday, est lancé en mars 2011, de même qu’une radio en ligne animée par des militants LGBT. Toutefois, à la suite de la victoire du mouvement islamiste Ennahdha aux élections du 23 octobre 2011. Hamadi Jebali, Chef du gouvernement de la Troîka du parti islamiste Ennahdha, déclare dans un entretien accordé aux lecteurs du Monde que les homosexuels peuvent tout à fait adhérer à son parti « s’ils en respectent le règlement et ses principes [qui seraient] contre leurs agissements ». Il ajoute qu’il n’existe pas, en Tunisie, de sanctions propres aux homosexuels : « il y a des lois pénales que tout le monde doit respecte. Le ministre des Droits de l’homme et de la Justice transitoire Samir Dilou déclare son opposition à la publication et considère l’homosexualité comme un trouble médical « qu’il faut soigner ». Les attaques dans les médias n’épargnent ni les militants LGBT ni les défenseurs des droits humains. La question divise et des alliances entre les conservateurs et des progressistes montrent que le monde politique et intellectuel est divisé pour ne pas dire largement conservateur sur les questions sociétales et sur le droit des minorités. Les défenseurs des droits humains jouent un rôle important pour l’avancée des droits (droit d’association et d’expression, défense des militant(e)s…). Le développement de l’action de certaines ONG tunisienne participe à ce mouvement de défense et à l’ouverture du débat sur des questions occultées.Reporters sans frontières et Amnesty International et d’autres organisations se joignent aux revendications dites « minoritaires » pour dire qui « cautionner la discrimination pour des motifs liés à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre revient à donner le feu vert aux violations les plus graves des droits humains ».En 2014, une proposition de plusieurs organisations de la société civile visant à annuler l’article 230 dans le cadre de la réforme du Code pénal est refusée par le ministère de la Justice7.Certains acteurs agissent de manière conséquente, de différentes manières, pour les droits et la reconnaissance de cette réalité. Dans le cadre d’une mission confiée à la députée Bouchra Belhaj Hmida, le débat est relancé en 2018 sur les libertés individuelles et donc sur le choix de son orientation sexuelle et la liberté de conscience

Une semaine d’information et de sensibilisation sur la thèmatique « LGBT en Tunisie et dans l’immigration »

A travers cette semaine de rencontres, de projections, d’expositions et de débats, nous voulons « sensibiliser » à cette thématique un large public dans l’immigration maghrébine en mettant en place une campagne d’information sur la situation au Maghreb et plus particulièrement en Tunisie et dans l’immigration.Une semaine culturelle autour de la question LGBT est le premier événement du genre dans l’immigration , il est organisé par un ensemble d’associations : l’association entraide, le réseau Collectif 3 dans le cadre du printemps culturel tunisien à Paris (5 ème édition) en partenariat avec l’association Shams en Tunsisie et la Galerie LA LA LANDE.
Au programme, des films, des spectacles de musiques, , mais aussi des ateliers destinés aux rencontres avec la communauté LGBT, et des débats autour des libertés individuelles en Tunisie.Le focus cinéma aura lieu avec la projection de films qui s’inscrivent dans cette thématique .Les ateliers et conférences porteront sur plusieurs aspects dont notamment la terminologie et le pouvoir des mots, le volet légal plaidant la dépénalisation de l’homosexualité et l’interdiction du test anal, ainsi que la prise en charge des personnes victimes de stigmatisation à cause de leur orientation sexuelleCette semaine est ouverte citoyens ordinaires, aux médias, aux associations et aux et décideurs politiques qui s’intéressent aux diverses facettes de la situation de l’autre côté de la méditerranéenne et à défendre les libertés individuelles.

Un cycle cinéma & LGBT en Tunisie

Dans le cadre de la semaine de sensibilisation et d’information sur la thématique de la semaine retenue, nous organisons trois projection accompagnées de rencontres-débat avec les acteurs mobilisés depuis plusieurs années, dans les pays de l’autre rive de la méditerrané (Algérie, Maroc et Tunisie) et en France à travers des actions de soutien à l’action culturelle et aux acteurs de la société civile mobilisés parfois dans l’indifférence ou l’hostilité et ce malgré les avancées au nivau des droits principalement en Tunisie.La programmation retenue tient compte de l’originalité du cinéma en Tunisie qui a traité depuis longtemps de la thématique ; de la qualité des œuvres présentées de 1990 à 2015 et enfin de la difficulté de produire des œuvres aussi courageuses dans des pays ou existe la censure et le non dit.

BESNESS (1990)

Synopsis

Fred, photographe, est en Tunisie pour faire un reportage sur les « bezness » (hommes prostitués). Décalé dans cet univers où l’image est une violation et sa représentation un tabou, il est le protégé de Roufa.Beau et brun, Roufa vit de son corps. Son rêve : quitter Sousse. L’Europe l’attire et le fascine. Sa morale et son comportement sont doubles. Très permissif avec sa clientèle, il est conservateur et répressif avec les siens, surtout avec Khomsa, sa jeune fiancée. Ce film est le portrait d’une jeunesse aux prises avec les effets pervers du tourisme et confrontée aux contradictions entre traditions et modernité, Orient et Occident.

Rencontre – débat

Homosexualité au Maghreb : réalité ou fiction
Le Fil (2009)

Synopsis
Le Fil est un film français réalisé par Mehdi Ben Attia en 2009 et sorti en salles le 12 mai 2010. Il a remporté le prix du public du festival Frameline de San Francisco. Il a été interdit de sortie en Tunisie.De retour de France en Tunisie après la mort de son père, Malik (Antonin Stahly), la trentaine et architecte, doit à nouveau vivre chez sa mère Sara (Claudia Cardinale) dans la belle villa familiale de La Marsa, au bord de la mer. Elle voudrait qu’il se marie. Il voudrait lui dire qu’il aime les hommes, mais il n’y arrive pas et s’enfonce dans des non-dits. Syrine, son amie et collègue lesbienne, lui demande de devenir le père biologique de l’enfant qu’elle veut porter (par fécondation in vitro) et il accepte. Le mariage est prévu, mais entretemps Malik s’est rapproché de Bilal (Salim Kechiouche), le jardinier de la propriété de sa mère. Il est attiré par lui, mais il ne sait s’il comprendrait. Le garçon de vingt-cinq ans est revenu de France au pays de ses ancêtres pour démarrer une nouvelle vie et sans doute s’affranchir d’un certain passé. On découvre qu’il n’est pas heureux du mariage prévu de Malik. Commence-t-il à réagir aux marques d’attention que Malik lui porte ? Est-il attiré par Malik ? Finalement les deux jeunes hommes dévoilent leurs sentiments au cours d’un coup de théâtre. Tout devient alors possible : le jeune architecte, son amant et sa mère s’affranchissent des interdits pour embrasser pleinement la vie. Dans la chaleur de l’été tunisien, chacun va toucher du doigt le bonheur auquel il a longtemps aspiré. Ce film est aussi une peinture des milieux bourgeois francophones tunisiens libéraux, avant les récents bouleversements islamiques.

Rencontre – débat

LGBT & Cinéma maghrébin : le poids de la censure
Narcisse (2015)

Un film tunisien réalisé par Sonia Chamkhi, sorti en 2015

Aroussia, une femme de cinquante ans, analphabète originaire du Sud tunisien, fait partie du personnel qui s’occupe de la propreté d’un théâtre où Taoufik, metteur en scène qu’elle connaît bien, répète sa nouvelle pièce dont sa femme, Hind, joue le premier rôle. La pièce relate l’oppression de Hind et de son frère cadet, Mehdi, chanteur homosexuel, qui ont été opprimés par leur frère aîné, délinquant reconverti dans l’intégrisme islamiste. Cependant, pendant les répétitions, Taoufik est arrêté. Aroussia, qui aime Taoufik comme un fils, fera tout pour le secourir.

Rencontre – débat

Islam et homosexualité au Maghreb et en France
Invité de la semaine : la première radio LGBT dans le monde arabe

Avec pour slogan “Dignité, égalité”, Shams Rad a été lancée officiellement vendredi mais n’a pu présenter ses programmes en studio que lundi en raison de problèmes techniques.Une fois ces soucis résolus, la radio doit diffuser, de 08H00 du matin à minuit, des émissions en dialecte tunisien portant sur des thèmes politiques, économiques et sociaux, mettant l’accent sur la communauté LGBT.”Nous allons toucher, par nos sujets, toute personne vivant sur le sol tunisien. Notre ligne éditoriale est de parler des droits et des libertés individuelles en général, mais le focus sera mis sur la communauté LGBT”, a expliqué M. Belhadi.Parmi ces émissions, “Hkeyet Shams” (Histoires de Shams, en arabe) diffusera des témoignages sur la vie quotidienne de personnes LGBT.Si des militants associatifs ont salué le lancement de la radio, des réactions hostiles ont aussi été enregistrées sur les réseaux sociaux ou dans les médias.Certains ont appelé à “faire taire” Shams Rad, tandis que d’autres se sont offusqués de son apparition “dans un pays musulman et conservateur”.Malgré les menaces et la tracasserie, cette radio a continué a diffuser ses programmes. En lançant cette invitation à cette radio, nous voulons réaffirmer notre soutien et relayer le plus.

🔴 En direct de l’Institut français de Tunisie

Vernissage de l’exposition collective #Homogeneus, dans le cadre de #CouleursdAvril 👉 Couleurs d’avril : Exposition collective “Homogeneus”L’exposition réunit 10 artistes autour des libertés individuelles et des droits des personnes LGBTQI++ en Tunisie :
🔹 Michel Giliberti
🔹 Halim Karabibene II
🔹 Maher Maaoui
🔹 WillisFromTunis
🔹 Ilyes Messaoudi
🔹 Slown Zhr
🔹 Younes Ben Slimane
🔹 Hana Ben Ali
🔹 SANGOURA
🔹 Chaima SakroufiL’exposition sera programmée par la suite lors du festival Printemps Culturel Tunisien et aura lieu à la Galerie La La Lande Paris à partir du 17 mai pour fêter la journée internationale contre l’homophobie.En collaboration avec le festival Printemps Culturel Tunisien et la Galerie La La Lande Paris.Consulter sur Facebook

Trois questions à Ilyes Messaoudi

Ilyes Messaoudi est un peintre tunisien engagé. Son espace d’exposition, La La Lande Galerie, ouvert avec Sofiene Trabelsi en 2018 se situe dans le 14e à Paris. À l’occasion de la Journée internationale contre les LGBTphobies de 2019 , Sofiene et Ilyes avec le soutien du Printemps culturel tunisien ont choisi de montrer les œuvres de 13 artistes sur la thématique LGBT+. Pour monter cette exposition, intitulée Homogeneus, la galerie a reçu le soutien de l’Institut français de Tunis.
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