Histoire du football en tunisie Hedi Chenchabi
Depuis plus d’un siècle, le football a été un puissant instrument d’émancipation pour les ouvriers, les femmes, les jeunes des quartiers populaires et les contestataires du monde établi. En trente ans, à partir de sa codification en tant que sport moderne en 1863, le football devient une passion populaire, « une religion laïque du prolétariat britannique » (selon les mots d’Eric HOBSBAWN). En 1883 et pour la première fois, la Coupe d’Angleterre est remportée par une équipe ouvrière, d’où l’engouement populaire pour ce sport depuis sa fondation.
Cependant, Jean Paul DELEAGE, chercheur et universitaire, dans une contribution sur l’histoire du football, considère que « ce sont les principaux acteurs de la colonisation britannique qui s’approprient le football, érigé en symbole de l’English way of life, et qui portent la bonne parole footballistique dans la plupart des grandes villes du monde » en Europe, en Amérique latine, en Afrique, notamment au Maghreb, en Egypte et en Turquie… Le football reste un sport principalement masculin. vite adopté par les classes populaires, comme le montre cette histoire du football en Tunisie.
En France, le football naît d’emblée sous le signe de la lutte des classes : « Et quand viendra le Grand Soir, nous bombarderons l’ennemi à coups de ballons », peut-on lire dans Le Socialisme du 9 novembre 1912. Le baron Pierre Coubertin, impulse dès 1904 la création de la Fédération internationale de football association (FIFA). Dès 1908 est créée la Fédération sportive athlétique socialiste (FSAS), mise à mal par la scission de 1920 au congrès de Tours, comme le relate Jean Paul DELEAGE « avec, d’un côté, la communiste Fédération sportive du travail (FST) affiliée à l’internationale rouge sportive, avec le mot d’ordre « Poing levé, balle au pied ! », et, de l’autre, celle fondée par les socialistes. Les deux s’unissent lors de la création du front populaire, avec la volonté de créer une alliance antifasciste ».













